mercredi 2 décembre 2009

There is a pleasure in the pathless woods


"Il est au sein des bois un charme solitaire,
Un pur ravissement aux confins du désert,
Et de douces présences où nul ne s’aventure,
Au bord de l’océan qui gronde et qui murmure,
Sans cesser d’aimer l’homme, j’adore la Nature."

- Lord Byron

Le secret du bonheur ?




"J'ai vécu bien des choses et je crois avoir trouvé maintenant ce que requiert le bonheur.

Une vie tranquille avec la possibilité d'être utile à des gens à qui l'on peut faire du bien et qui n' ont pas l'habitude qu'on leur en fasse.
Un travail que l'on espère de quelque utilité et le repos, la nature, les livres, la musique, l'amour de son prochain. Telle est mon idée du bonheur.
Et puis, pour couronner le tout, toi pour compagne, et des enfants peut-être. Que peut désirer de plus le coeur d'un homme?"

“Le bonheur conjugal”, Léon Tolstoï.

dimanche 26 juillet 2009

EJT

Très bonne surprise. Alors que je m'y attendais pas, alors que je commençais à envisager une année de plus à préparer les concours (probablement la dernière), les derniers résultats sont tombés. Voici donc l'école où je vais passer trois ans de ma vie à compter d'Octobre. Trois lettres. EJT. Ecole de Journalisme de Toulouse.
Nouvelle école, nouvelle ville. Trois ans, c'est long. Et je ressens à la fois l'excitation du départ et la tristesse de quitter ma famille, mes amis. Mes amis d'enfance, ceux que je connais depuis toujours, et les autres, que je connais depuis trois-quatre ans, depuis un-deux ans, ou que je commençais à peine à connaître. Mes parents, aussi. Cette fois, je quitte réellement le cocon familial, pour de bon... C'est une nouvelle étape, décisive.
J'ai déjà trouvé un appart, reste plus qu'à emménager. J'ai aussi visité la ville, un peu plus en profondeur que lors des concours (même si l'épreuve de reportage m'avait permis de découvrir les joies des transports en commun toulousains :D). Très belle ville. J'ai hâte d'y être. Petite description de l'école (merci wikipédia) : "l'EJT forme en deux ans et demi des jeunes étudiants aux différents métiers du journalisme. Ayant remporté le prix Varenne des quotidiens écoles en 2004, l'EJT a notamment formé des journalistes comme Alexandre Ruiz (Europe 1) et Tania Young (I-télé, France Télévision). Issus de la promotion 2003, Alexis Monchovet et Sébastien Mesquida ont été récompensés par le prix Albert Londres en 2008, dans la catégorie audiovisuel. En 2007, ces deux mêmes étudiants avaient remporté le prix FIPA du meilleur film documentaire".
Les 6 mois qui se sont écoulés, de février à aujourd'hui, auront été très spéciaux. J'ai vécu quelque chose d'incroyable. J'ai passé beaucoup de temps dans mon appart à suivre l'actu, à bosser. Mais j'ai aussi rencontré plusieurs personnes chères à mon coeur. Qui n'étaient au départ que des "collègues" formant un groupe de travail, et qui sont maintenant bien plus.
Ce fut une année enrichissante, magique. Une page se tourne, une autre s'ouvre. A suivre... :)

samedi 11 avril 2009

L'Affaire Salengro

J'ai écris un article sur le téléfilm "événement" l'Affaire Salengro, qui sera diffusé le 14 avril sur France 2. Mais évidemment, je ne le posterai pas ici, car il appartient à Croix du Nord. Je me contenterai donc de copier-coller ici le "synopsis" de l'Affaire, et d'écrire un petit commentaire.


Juin 1936. Le Front Populaire de Léon Blum fait face à des grèves très dures qui se multiplient dans toute la France et paralysent l'économie du pays. Un homme va réussir à remettre la France au travail, seul et sans employer la force : Roger Salengro, ministre de l'Intérieur de Léon Blum et principal artisan des accords de Matignon. L'homme des congés payés, de la semaine de quarante heures et des salaires minimaux pour les travailleurs. Le patronat et la droite ne pardonneront jamais à Salengro ces acquis sociaux. Ils montent contre lui une campagne de calomnies d'une extrême violence en l'accusant d'avoir déserté pendant la guerre de 14. C'est un mensonge avéré. Mais le nom de Salengro en restera sali. Il se suicidera en novembre 36.

L'Affaire Salengro est un formidable travail, à la fois de cinéaste, mais aussi de journaliste. Oui, c'est quasiment du travail de journaliste qu'à fait Yves Boisset. Comme dans ses précédents téléfilms historiques (l'Affaire Dreyfus, Ben Barka), il retrace scrupuleusement les faits, jouant aussi sur la corde sensible pour toucher le spectateur, et se fait avocat d'une cause : celle de la démocratie face au fascisme, de la liberté et de la vérité face à la calomnie. Dans ce film, Bernard-Pierre Donnadieu ne "joue" pas Salengro, il "est" l'homme politique. Chapeau à son jeu d'acteur.

"Etrangement, alors que de nombreuses rues portent son nom en France, il nous est presque totalement inconnu. J'ai interrogé plusieurs personnes, explique Yves Boisset, et aucune ne pouvait réellement dire qui était Salengro. Certains pensaient qu'il avait été résistant, un autre croyait même que c'était un joueur de foot parce qu'il vivait à côté d'un "Stade Salengro" ! Cela a renforcé mon désir de lui consacrer un téléfilm. Nous vivons encore sur les acquis de ses combats politiques : les congés payés, la semaine de 40 heures et la Sécurité Sociale. Réélu deux fois maire de Lille, nommé ministre de l'intérieur par Léon Blum, il était très aimé des classes populaires. Une campagne de dénigrement a eu raison de cet homme trop candide. Poursuivi par la calomnie, il s'est donné la mort à l'âge de 46 ans, le 18 juillet 1936. Quatre jours plus tard, plus d'un million de personnes assistaient à ses obsèques nationales. C'est ironique, cruel et mélodramatique."

Tragique, un peu "mélo", le film l'est certainement. On ressort de la projection le coeur noué, mais aussi sonné. Parce que le réalisateur atteint son but, celui de vous donner une bonne gifle. Ca m'a rappellé un peu la fois où j'avais vu la superbe adaptation théâtrale de "Lettres de délation" de André Halimi, par le génial et talentueux François Bourcier. Même gravité dans le ton, même aspect militant, même force de dénonciation. Bref, l'Affaire Salengro est à voir absolument. Salutaire.

A noter que le film a été projeté à l'Assemblée Nationale, fin mars. Le petit discours l'accompagnant, prononcé par Bernard Accoyer, est disponible ICI. J'en citerais un passage en guise de conclusion.

"L’affaire Salengro est marquée par son temps, elle fut le fruit des circonstances particulières, celles en particulier de l’outrance : outrance d’une certaine presse, outrance des mots, des méthodes, des mensonges, outrance des haines et des « idées » ou prétendues telles, portées par certains, partagées par un trop grand nombre. On peut espérer que cette outrance là n’est plus, on peut espérer notre époque plus sage et mesurée. Pour autant, le drame de Roger Salengro, poussé au suicide par l’ignominie de la calomnie, demeure tragiquement éloquent et résonne encore de toute son acuité."